CARTE BLANCHE A AXEL KHAN à propos du 10è anniversairede la loi de 2005

Carte blanche à Axel Kahn ce jeudi 5 mars 2015 : http://www.dailymotion.com/video/x2ipzbp_carte-blanche-a-axel-kahn_fun
" L’attentat commis le 7 janvier de cette année, contre la liberté de rire et de créer, a bouleversé les Français, qui ont tenu à manifester en masse leur attachement à la devise « Liberté, Égalité, Fraternité », valeurs agressées par les tueurs de Charlie Hebdo.
Or, nous avons fêté il y a peu le dixième anniversaire de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, loi enracinée elle aussi dans la défense de ces valeurs.
Ce texte affirme que la République, soucieuse d’offrir à chacun une réelle égalité des droits et des chances, doit, autant que possible, garantir aux personnes handicapées, le même accès qu’aux autres citoyens aux lieux, espaces, dispositifs, services et activités publiques.
Le handicap crée des difficultés supplémentaires à exercer pleinement sa citoyenneté. Difficultés que toute société solidaire se doit par conséquent d’aider les siens à surmonter.
C’est là un élément clef du contrat social qui structure une communauté humaine attachée à créer les meilleures conditions de l’épanouissement de ses membres. 
Lénine déclarait en 1916, avant la prise du pouvoir par les bolcheviques en Russie, « un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre ». Pour le paraphraser, affirmons qu’un État qui ne met pas tout en œuvre pour promouvoir l’égalité des droits et des chances entre ses citoyens ne saurait être légitime. Dans l’esprit de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, tous les hommes naissent et demeurent égaux en dignité et en droits, a ajouté la Déclaration de 1848.
Or, dix ans après, beaucoup reste à faire. L’accessibilité promise à tous les citoyens à mobilité réduite est loin d’être générale ; 25 % des écoles, vient-on d’apprendre, n’en disposent pas encore. Les dispositifs scolaires d’accueil ne répondent pas aux besoins ; un grand nombre d’enfants autistes n’ont d’autres solutions que de fréquenter des établissements belges. Les personnes qui aident et accompagnent des parents handicapés sont elles-mêmes menacées dans leurs vies personnelles et professionnelles.
De nouveaux défis se présentent tel le vieillissement des personnes affectées et de celles qui les aident, leur disparition aussi.
Une société qui fait peser sur les personnes handicapées un fardeau que les connaissances, les techniques et les moyens disponibles permettraient pourtant de soulager est coupable. Nous sommes coupables ! En effet, quelle serait la signification du développement de nos nations, s’il n’était pas aussi le moyen de venir aussi en aide à ceux qui en ont le plus besoin, en particulier nos concitoyens handicapés ? Les personnes handicapées sont-elles en France, des citoyens de seconde zone ? Non bien sûr. Ne tolérons plus aucun retard dans l’application de la loi de 2005." Axel Kahn. 05.03.2015.